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Nous dépendons de l’innovation

Mar 31, 2016
Tom Heyman
Tom Heyman
CEO Janssen Belgium

Le besoin d’innover requiert de chacun une propension à investir qui implique des risques encore plus grands qu’auparavant.

Les progrès scientifiques des deux dernières décennies ont amené de nouvelles options en matière de traitement, qui étaient inconcevables auparavant. Grâce à de nouveaux médicaments, les gens vivent plus longtemps et sont plus productifs. L’espérance de vie de l’Européen affiche aujourd’hui quelque 30 ans de plus qu’il y a un siècle.

Ces progrès ont aussi été possibles grâce à l’appétence pour le risque, les investissements accrus et la motivation d’innover des scientifiques et des entreprises. Bien qu’on ait aujourd’hui dressé la carte de nombreuses maladies simples, il reste encore beaucoup d’affections très complexes, souvent chroniques, qui sont fréquentes mais difficiles à déchiffrer.

Elles forment un grand défi et sont notre souci quotidien. Nous voulons évoluer vers un monde où nous pourrions par exemple prévenir le cancer ou au moins le transformer en une maladie chronique ou curable. Ou nous voulons pouvoir freiner, prévenir ou traiter mieux la maladie d’Alzheimer, qui est si complexe et incomprise. D’énormes efforts en matière de recherche et d’investissement sont nécessaires pour pouvoir offrir ces nouvelles perspectives à la population croissante de patients d’Alzheimer et à leur entourage. Des efforts qui peuvent mener à des percées.

Le besoin d’innover requiert de chacun une propension à investir qui implique des risques encore plus grands qu’auparavant. Nous investissons dans l’innovation médicale transformationnelle sans garantie de succès. Dans aucune autre industrie la complexité, le délai de réalisation, l’investissement et le risque d’échec ne sont autant importants. Le lancement d’un médicament sur le marché requiert au moins 10 à 12 ans d’application et coûte en moyenne un milliard et demi d’euros. Nous tentons le coup, sachant que nos efforts et investissements peuvent être peine perdue. Nous n’avons pas la certitude que nous allons trouver la solution. Nous sommes seulement sûrs que si personne n’essaie, nous n’allons rien trouver.

La collaboration est cruciale dans ce contexte. Aucune organisation ou entreprise ne peut remédier seule à la maladie d’Alzheimer ou au cancer, ou supporter seule l’investissement et les risques y afférents. La coopération avec d’autres entreprises, instituts de recherche, acteurs dans les soins de santé, autorités, organisations de patients... est plus que jamais cruciale. Si nous cessons d’investir et de collaborer, l’innovation s’arrête, et les progrès prennent également fin.